La Place de la Promesse Européenne de Jochen Gerz Bochum (Allemagne) 2007/2012

  La Place de la Promesse Européenne est réalisée pendant six années à Bochum. C’est une invitation aux habitants de la ville, de la région de la Ruhr et aux citoyens européens, à devenir auteurs d’une nouvelle place. Tous les participants donnent leur nom qui sera inscrit sur la place en échange d’une promesse.

Deux listes situées dans "la salle à la mémoire des héros" (1931) de la tour de l’église du Christ sont le point de départ du travail artistique : sur l’une apparaissent les noms des morts de Bochum pendant la Première Guerre Mondiale tandis que l’autre recense les pays "ennemis" de l’Allemagne. Sur cette dernière liste figurent non seulement les états voisins européens tels que la France, L’Angleterre, l’Italie, le Portugal, la Pologne, l’ancienne Tchécoslovaquie mais aussi beaucoup d’autres pays comme les Etats-Unis et la Russie. Cette liste prémonitoire semble annoncer la Seconde Guerre Mondiale et la destruction de l’Europe.

Sur la Place de la Promesse Européenne, Jochen Gerz confronte ces deux listes à une troisième contenant les noms de personnes vivantes. Leur promesse concerne l’avenir commun de l’humanité.

La promesse n’est révélée qu’à soi-même. Elle est secrète. Ainsi, un manifeste invisible naît d’une multitude de voix et de cultures: celles de la nouvelle Europe.

La Place de la Promesse Européenne est une commande de la ville de Bochum dans le cadre de la manifestation "Capitale Européenne de la Culture Ruhr 2010". Elle sera inaugurée en 2012, après qu'un financement additionnel permettant l'inscription de tous les noms - 15 000 participants d'Allemagne, d'Europe et d'ailleurs - ait été trouvé.

Jochen Gerz est un artiste allemand de renommée internationale. Par ses travaux dans l’espace public, il a changé de façon radicale le rapport entre l’art et le regardeur. Ses processus liés à la notion d’auteur créent une nouvelle approche des publics. En opposition au spectateur passif, chacun participe à la réalisation de l’œuvre. L’art de Gerz dans l’espace public devient l’esthétique d’une démocratie à la recherche d’une nouvelle dimension culturelle.